VAUHALLAN : quatorze siècles d'histoire


L'érection, dès le VIe siècle, d'une chapelle à Vauhallan, en hommage à Saint Rigomer et Sainte Ténestina, ne paraît plus être contestée. Les historiens d'aujourd'hui s'accordent presque tous avec l'abbé Lebeuf pour y voir " les bords du territoire de Palaiseau " où, au IXe siècle, le polyptique d'Irminon situait le deuxième lieu de culte du domaine de Saint-Germain-des-Près. La preuve en est : deux plaques identiques, datées des environs de l'an 800, établissent dans les deux églises de Palaiseau et Vauhallan la présence d'un même curé nommé Warodius. En outre, le choix du 24 août comme jour de fête paroissiale, qui correspond dans la liturgie romaine à la Saint-Barthélemy, semble avoir été fait en l'honneur de Saint Rigomer plutôt qu'en hommage à Saint Barthélemy, pour lequel on ne voit pas le lien avec le sanctuaire : ce que l'Eglise vient d'admettre puisqu'elle rétablit, à partir de 1993, Saint Rigomer.

Selon la tradition, la crypte qui se trouve dans le monticule et lui sert de base de même qu'à l'église du XIIe siècle, aurait accueilli les fidèles de religions primitives avant d'abriter les premiers chrétiens.

Le lieu connaît durant des siècles les pèlerinages qui viennent y adorer, avec les reliques de Rigomer et Ténestina, celles de Sainte Geneviève, patronne de Paris. Aux siècles suivants, quand cessèrent ces pèlerinages, l'église devint alors station pour les Rogations, processions qui traversaient la campagne pour célébrer les récoltes.

La richesse du passé de ce site ne pouvait qu'attirer des chercheurs. Le Groupe de Recherches Archéologiques de Palaiseau effectua donc un sondage entre le 1er mars et le 30 avril 1976 sur le site. De la chapelle primitive du haut Moyen Age, les archéologues n'ont pas retrouvé les traces. Des travaux d'agrandissement datant de la fin du XIIe siècle eurent lieu dans une crypte antérieurement aménagée, et la nef de l'église remonte à cette époque et au XIIIe siècle. La crypte en forme de croix latine, se situe à l'écart des fondations de l'église paroissiale et dans un axe différent. Les plus importantes modifications apportées à l'église le furent au XVIIe siècle. C'est François Passart, seigneur de Vauhallan et d'autres lieux, qui les commanda.

Durant la Révolution, des tombes furent profanées. Il faudra attendre jusqu'à 1853 pour que l'église soit rouverte au culte, tant le bâtiment menaçait ruine.

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Le patronage de Saint Rigomer et Saine Ténestine

Saint Rigomer était un prêtre confesseur originaire du Maine. Accusé d'entretenir des relations coupables avec une jeune fille noble, nommée Ténestina, dont il avait guéri la mère, il fut, sur la plainte du fiancé de cette jeune fille, conduit avec elle à Palaiseau, où se trouvait alors le roi Childebert, pour y rendre compte de sa conduite en présence de ce prince et des anciens du peuple.

Saint Rigomer et Sainte Ténestina tenaient à la main des cierges éteints qu'ils apportaient en offrande au roi. " Si vous n'êtes pas coupables, leur dit le prince, que ces cierges s'allument d'eux mêmes ; nous pourrons croire alors à la pureté de vos relations ". Les deux Saints, pleins de confiance en la bonté et en la puissance de Dieu, s'agenouillent et se mettent en prières ; bientôt les cierges fument et à une dernière invocation de Saint Rigomer, ils s'allument.

Frappés de ce miracle, le roi et les anciens du peuple se prosternent devant les Saints, leur demandent pardon des épreuves qu'on leur a fait subir et les renvoient comblés de présents. Puis Childebert ordonne que dans son domaine de Palaiseau il soit bâti une église en mémoire de ce miracle.

Cette église, dont Saint Rigomer devint ensuite le patron, et où il fut honoré le 24 août, jour de sa mort, est l'église de Vauhallan. Le peuple y vint en pèlerinage et en raison du nombre de pèlerins, il s'y établit une foire le jour de la fête du Saint.
Dans les siècles suivants, après l'introduction de la liturgie romaine en France sous Charlemagne, laquelle fixe au 24 août la fête de Saint Barthélemy , le nom du premier patron céda la place à celui de Saint Barthélemy honoré le même jour, et le préjugé populaire a continué à substituer le nom de l'apôtre à celui de Saint Rigomer, premier et véritable patron de l'église de Vauhallan. Depuis 1993, l'église de Vauhallan a retrouvé son nom d'origine : "Saint Rigomer et Sainte Ténestine ".

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